"Cette aveuglante absence de lumière"

"Cette aveuglante absence de lumière"

Par admin francois-cevert, publié le vendredi 12 février 2016 09:50 - Mis à jour le vendredi 3 juin 2016 15:58

PRÉSENTATION DU PROJET

 « Cette aveuglante absence de lumière » est un projet pluridisciplinaire mené par la classe de 1ère Bac. Pro. Accueil (1 ARC).

Il a pour objet d’étude les lieux d’enfermement et d’internement dans ses dimensions  historique, citoyenne mais aussi artistique et littéraire. 

L’intitulé du projet « Cette aveuglante absence de lumière » est une référence au roman de l’auteur marocain Tahar Ben Jelloun, dans lequel il raconte le quotidien humiliant d'un prisonnier et comment son imagination et la poésie lui permettent de résister et de survivre.

La classe s'est intéressée aux conditions de vie dans de tels lieux, mais aussi aux moyens par lesquels les personnes privées de liberté s'occupent, s'évadent et gardent leur dignité.

Ce genre de lieux pose la question du statut des prisonniers et leur place au sein de la société. Leur statut et leurs conditions de détention varient d'une période à une autre, et nous montrent qu'ils sont étroitement liés à la nature du régime ou du contexte politique.

L’accent a été mis sur la période de 1940-1944 durant la Seconde Guerre mondiale, car elle permet de recouper le programme de 1ère d'histoire (l' « État français ») et de français-arts appliqués (le Suréalisme ; œuvres de témoignage), mais aussi parce cette période permet de s'intéresser aux mécanismes du racisme encore présent dans notre société.

LES ACTIONS MENÉES

  • Mémorial de la Prison Montluc

La classe s'est rendue au mémorial de la prison Montluc (Lyon), afin de suivre une visite des lieux et de participer à un atelier sur les juridictions d'exception.

Cette prison, ouverte en 1921, ne ferme ses portes qu'en 2009 et connait donc « plusieurs vies », marquées notamment par la Seconde Guerre mondiale mais aussi des conflits plus récents comme la Guerre d'Algérie.

Les élèves ont pu rentrer dans les cellules ayant abrité de nombreux résistants ou juifs et ainsi se rendre des conditions matérielles de vie des prisonniers. Arrêtés par le régime de Vichy ou nazi, des prisonniers fameux tels que Jean Moulin sont passés par cette prison, mais surtout beaucoup d'anonymes de tous âges.

 

 

 

 

 

 

 

  • Rencontre avec un témoin

Les élèves ont pu rencontrer et interroger Claude Bloch, rescapé de la prison Montluc et du camp d'Auschwitz.

Aujourd'hui âgé de 87 ans, il est venu témoigner au lycée de son histoire : arrêté à 15 ans non loin de Rilleux par la milice française car juif, il passe par la prison Montluc et par le camp de Drancy (Seine Saint Denis) avant d'être déporté au camp de concentration d'Auschwitz en Pologne. Ce témoin de la répression du régime de Vichy et de la Shoah, a livré dans un récit émouvant son histoire familiale mais aussi les conditions de son arrestation et ses conditions de vie dans les différents lieux où il fut privé de liberté.

  • Mémorial de la Shoah de Drancy

Lors d'un voyage scolaire de deux jours en région parisienne, les élèves se sont rendus au mémorial de la Shoah à Drancy, non loin de la cité de la Muette qui servit notamment de camp d'internement et de transit des Juifs de France vers les centres de mise à mort de 1941 à 1944. Ce lieu est le symbole même de la participation de l'État français à la Shoah.

 

 

 

 

 

 

 

  • Mémorial de la Shoah de Paris

Le lendemain de sa venue à Drancy, la classe a parcouru l'exposition permanente du mémorial de la Shoah de Paris, en particulier la partie consacrée à l'idéologie nazie raciale.

Les 1 ARC ont ensuite participé à un atelier sur les préjugés racistes et comment lutter contre ceux-ci. Dans un premier temps, à partir d'extraits vidéos récents ou d'affiches datant de la période nazie,  les élèves ont identifié quels étaient les préjugés véhiculés par les médias. Ils ont ensuite étudié les mécanismes par lesquels l'esprit humain pouvaient se laisser manipuler, malgré un apparent raisonnement logique.

Un long temps d'échange entre les élèves et l'intervenante a eu lieu, notamment sur l'identification et la persistance des préjugés racistes dans notre société actuelle.

  • Production

En parallèle du cours de français, où le mouvement surréaliste a été étudié à travers plusieurs poètes engagés résistants (Paul Éluard, Robert Desnos...), le cours d'arts appliqués s'est intéressé à la dimension artistique de ce mouvement.

En s'inspirant d'oeuvres d'artistes tels que Max Ernst, Pablo Picasso, les élèves ont réalisé des productions sous forme de collage sur le thème de la liberté/l'enfermement et la résistance, que vous pourrez voir exposées au CDI du lycée.

Aussi, des œuvres témoignant de l'expérience de la déportation comme celles de David Olère ont été étudiées en classe.

  • Participation au Concours National de la Résistance et de la Déportation

Inscrite dans la 2e catégorie, la classe a réalisé un travail collectif portant sur le thème annuel « Résister par l'art et la littérature ». Le mémoire de 37 pages a été rédigé à partir des éléments vus en cours et à l'extérieur, lors des différentes recherches, visites, ateliers et rencontres.

LES PARTENAIRES

Projet réalisé avec le soutient des partenaires ci-dessous et du ministère de la défense et des anciens combattants-direction de la mémoire, du patrimoine et des archives.

La cité n'ayant jamais cessé d'être habitée, la classe a malgré tout pu se rendre devant le monument aux déportés et un wagon-témoin, comme ceux qui emmenèrent les Juifs à la mort.

Une visite thématique du mémorial a permis aux élèves de découvrir la vie intellectuelle et artistique qui existait à Drancy, à travers diverses créations telles que des tableaux mais aussi des objets.